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lundi 19 mars 2018 - 14:45

En 2018, l'expertise comptable sera « augmentée » !

Jeudi 15 février, plus de 300 confrères ont investi le désormais mythique incubateur de Xavier Niel. Les experts-comptables franciliens étaient là où on ne les attendait pas pour débattre de l’impact de l’intelligence artificielle sur la profession. Entre enthousiasme effréné et cris alarmistes, quelle posture adopter ? Faut-il agir maintenant ou bien tout miser sur la protection garantie par la réglementation ? Retour sur cette soirée inédite.

Suite à un petit aperçu des étoiles montantes de l’AccounTech, le public avait rendez-vous avec trois experts de l’intelligence artificielle : Julien Levy, directeur du centre digital d’HEC-Netexplo, Stéphane Mallard, digital Evangelist chez Blu Age, et Jean-Philippe Desbiolles, vice-président Cognitive Solutions chez IBM France.

« L’important c’est de se demander ce que l’intelligence humaine est capable de mieux faire que la machine et ce qui, dans votre travail et vos compétences, pourra être augmenté plutôt que remplacé par l’intelligence artificielle. »

Julien Levy

« Sous l’ère de l’intelligence artificielle, la connaissance n’a plus aucune valeur économique, seulement une valeur d’usage. Ce qui a de la valeur, c’est l’expertise, l’empathie, la capacité à créer une relation humaine… »

Stéphane Mallard

« Nous parlons d’un changement drastique et majeur. Certes, il y a du marketing autour du concept d’« IA », mais si vous croyez que ce phénomène est conjoncturel, vous vous trompez. Il est purement structurel. C’est donc un sujet qu’il est capital de comprendre si on veut pouvoir le maîtriser à temps. »

Jean-Philippe Desbiolles

Après avoir fait la lumière sur les mythes qui entourent l’intelligence artificielle, ce fut le temps de prendre le sujet à bras le corps : l’expertise comptable est-elle morte ? Vive l’expertise comptable !

Autour de la première table ronde, le public a retrouvé Jean-Philippe Desbiolles et Stéphane Mallard entourés d’Hervé Gbego, président de la commission Innovation & Performance de l’Ordre Paris IDF, Arnaud Doillon, co-gérant d’Image Audit et fondateur du logiciel Tiime et Ghislain Mazars, CEO d’Ubeeko. Cinq intervenants pour cinq points de vue différents sur l’avenir de la profession. A la question, l’expertise comptable traditionnelle est-elle morte ? certains répondent oui catégoriquement. Selon eux, la donnée n’est déjà plus « le pétrole du 21e siècle », l’IA en a de moins en moins besoin pour produire une conclusion cohérente et d’autres professions, comme les avocats, ont déjà été copieusement disruptées par la technologie en un rien de temps ! D’autres restent confiants et estiment que si le métier a tout intérêt à changer de modèle, cela peut prendre encore quelques années. Partant de la fidélité indéniable qu’ont les clients « historiques » envers leur expert-comptable, les cabinets ont encore une base solide assurée. De quoi réfléchir à la transformation du cabinet sans précipitation, mais sans délais. Le challenge réside davantage dans la « séduction » des entrepreneurs de la nouvelle génération qui n’envisagent pas nécessairement de recourir à nos services autrement qu’en ligne… En revanche, pour ce qui est de l’avantage d’être une profession réglementée, tous sont unanimes : la réglementation est à peine un moyen de gagner du temps, puisque les véritables concurrents ne sont plus les confrères, mais bien les éditeurs !

Vivez ou revivez le débat ici :

Après 40 minutes de débat animé, Jérôme Wallut, associé chez ICP Consulting, Geneviève Mottard, présidente de l’Ordre des CPA (experts-comptables) du Québec, Delphine Desgurse, directrice stratégie et innovation numérique Groupe La Poste, Vincent Benois, fondateur de jepilotemonentreprise.com et Laurent Benoudiz, président de l’Ordre Paris IDF, ont investi la scène à leur tour pour échanger sur des solutions concrètes et pragmatiques. Cette table ronde fut l’occasion de découvrir deux exemples inspirants de transition réussie vers l’intelligence artificielle : le groupe La Poste et la SNCF. Dans ces deux entreprises dites traditionnelles, la technologie a permis de replacer la relation client au coeur des métiers et de répondre présent à chaque sollicitation pour fidéliser davantage.

Comme l’a rappelé en conclusion Laurent Benoudiz, le point central à retenir de ces échanges est bien l’idée selon laquelle le destin des professionnels du chiffre est entre leurs mains ! Mais il est grand temps de démystifier la technologie et de n’en faire qu’un moyen d’optimiser les relations clients, la valeur de l’expertise. Et pour cela, il est essentiel pour les professionnels de s’entourer de compétences clés (permettant une refonte des SI ou l’intégration d’une AccounTech par exemple), mais aussi et surtout d’embarquer tout le cabinet dans une transformation pérenne et efficace, notamment grâce à la formation.

Visionnez les échanges de la deuxième table ronde ci-dessous :

Deux enjeux majeurs auxquels l’Ordre de Paris IDF apporte aujourd’hui deux éléments de réponse : le programme de formation e-coll, mis au point avec l’Asforef, qui permet aux collaborateurs d’adapter leurs pratiques quotidiennes pour mieux accompagner les dirigeants dans la recherche d’une valeur ajoutée, et PON, la plateforme des outils numériques, pour vous aider à choisir les solutions innovantes les plus adaptées à votre cabinet.